La conscience

La conscience est une “habitude” séculaire, le souvenir ineffacé malgré tant d’efforts pour le faire disparaitre, de l’unité perdue d’un clan, de celui des hommes. Elle est douleur, causée par cette perte, et espoir de tout réparer. Pourtant pour moi la conscience est la plus vague de toutes les notions…mais reste la plus concrète de même que la vérité…L’un des préjugés les plus répandus est que moins l’homme est conscient et plus pleine est la sensation que la vie lui fait éprouver…dénaturalisation de la conscience.

L’issue ? sortir du cercle vicieux de la conscience dénaturée ?Dans le champ de sa conscience et de ses actes, une réalité en dissimule une autre plus profonde, la vraie mais on ne la voit pas…car il faudrait que le voile de dissipe pour voir le monde tel qu’il est.

Elle apparait tel un rayon éclatant qui jaillit soudain de son cerveau, un glaive de lumière mais l’instant d’après tout disparait dans cette nuit ou tout se confond et se perd dans la foule des fantômes..c’est peut être ce qui explique la vitalité de ce mot.

Et comme disait Pouchkine maintenir le cap…”la jeune vie, qu’elle mène ses jeux folâtres devant l’entrée des sépultures”.

S.M

La révolte anarchique

Découronner de son auréole la révolte anarchique: Le révolté accepte de faire la paix a condition de pouvoir dominer. Il en résulterait, dans la meilleure des hypothèses, que les choses, au lieu de changer, changeraient seulement de nom.

Dans le meilleur des cas, Il y aura des centaines de millions d’enfants bienheureux et cent mille martyrs qui auront pris sur eux cette malédiction: la connaissance du bien et du mal, il ne s’agit plus d’arithmétique mais d’algèbre, des mathématiques spécialises du jésuitisme. Il s’agit de la nécessité d’une transformation totale du monde, révolutionnaire peut etre mais non pas anarchique, selon l’expression de R. Luxembourg:” le véritable assassin, le bourreau des âmes humaines, c’est toi”

De l’idée messianique à la manie napoléonienne, la distance n’est pas si grande qu’elle y parait.

La mélodie originale

Pourtant son chant, quoique, empreint de tristesse, était merveilleusement beau ; mais il a dérangé le gorille géant sur lequel lui et ses semblables vivaient, dans sa sieste. Alors le gorille le retira de son pelage et le jetât à ses éphèbes noirs, énormes, imberbes et nus ; qui se mirent à jouer au ballon…avec la tête du malheureux.

Le monde ne se tut que le temps du châtiment, puis reprit son rythme…les uns jouant aux cartes, les autres prenant un verre..etc…Mais le contenant devait jouer une symphonie toute différente de celle du contenu… Sourires forcés, discussions stériles, apparats de circonstance… Enfin, toutes les contraintes de la vie en société, cet incommensurable opéra disharmonieux.

De toutes façons, qu’eurent compris les autres musiciens si la mélodie originale leur eut été jouée?!…

Élan anti indignation

Élan anti indignation : Si la révolution est le “droit au déshonneur” pourquoi Marx et Herzen , ces révolutionnaires et socialistes si différents, ont ils stigmatisé Nétchaiev a cause précisément de ce droit comme jésuite et arriviste de la révolution? Pourquoi Lénine, avant de mourir, a légué ce conseil : former et sélectionner des hommes pour lesquels on pourrait “se porter garant qu’ils ne croiront rien sur parole et qu’ils ne diront pas un mot qui soit contraire a leur conscience” ?.

Pourquoi Rousseau fit-il place a Robespierre, Robespierre a Napoléon, Napoléon de nouveau aux bourbons ? Pourquoi la grande révolution française ne pût-elle pas échapper a “l’ironie de son histoire” (Hegel) en conduisant précisément a des résultats diamétralement opposés a ses idéaux, ceux qu’elle avait proclamés, auxquels elle croyait sincèrement ? Comment y échapper aujourd’hui hormis en plaçant les choses dans un maximalisme éthique.

La confession via l’Art ?

La confession via l’Art ?: Victor Hugo par exemple pour le “dernier jour d’un condamné” s’est passé de sténographe et a commis une grande invraisemblance, en admettant qu’un condamné soit capable et ait le temps de rédiger des notes au dernier jour de sa vie, une heure et même une minute avant l’exécution. Et cependant s’il n’avait pas eu cette fantaisie, il n’aurait pas écrit la plus réaliste, la plus véridique de ses œuvres.

Une supposition fantastique de ce genre aurait été contraire au caractère de Dostoïevski par exemple, qui écrit dans ses brouillons:” non je ne suis pas encore prêt, je suis rempli d’orgueil et d’hypocrisie. Je commence a peine à me transformer dans le bagne.” Ici l’auteur renonce a la confession. Ça rejoint le scepticisme Nietzschéen qui nous avise: “jusqu’à présent toute grande philosophie est d’abord la confession de son auteur.. une sorte de mémoire involontaire ” .. Il en résulte qu’il faut tester toutes les idées. Il y a là quelque chose d’extrême, qui dépasse le simple “rapport” ou la casuistique personnelle=Triompher de son propre parti pris, et de ce mythe de la fausse conscience.

S.M