Une lecture, pas une réponse

Les noms s’entendaient par cela même qu’ils désignaient, apprendre sans savoir, langue crue.
Les verbes eux seuls ne peuvent rien dire, coupent les mains, bouchent la voix, ils précèdent, ils sont les architectes sans plan de l’univers; chus dans leur chair, saturés d’images, ils fracturent, ouvrent ce que les mots récolteront.
Les verbes viennent après que les mots, une quantité de mots, une excroissance, commencent à s’oublier. Les mots dépassés, retour à naître et mourir, matrice verbale féconde, articulant la terre au ciel, dont l’enveloppe ample accueille chimères et bienheureux présages. Inventer des verbes prolonge la suite nommable. Tentation d’appauvrir, de supprimer les mots, d’oublier les verbes, bluffer la parole.
Tu reçois les images, tu ne fais que raconter les images qui passent devant tes yeux, tu inventes l’histoire, tu mets des mots sur le temps, tu fais l’histoire d’une histoire ruminée qui te précède, tu hésites, ce décalage est peut-être à éclaircir, tu lorgnes sur l’ombre qui recule.
Parfois uniquement des plans fixes de visages qui parlent que tu n’entends pas qui font que les images se floutent. Tu sais que tu es libre de les doubler comme bon te semble, qu’est-ce que cela changerait ? Quelque soit le texte, inlassablement la même histoire, quand plus personne n’est là pour l’écouter, quand les visages n’interrompent plus le défilement, tu imagines qu’ils te racontent tout autre chose. Au matin deux chemins identiques. Tu poursuis le chemin sinueux.

Memoria #1

En entrant dans la nuit chaque jour cherche une sortie 

la nuit d’hiver couvre le croassement blanc 

le bruit ne s’échappe pas, il tombe  

l’éternel silencieux cache sous le sable l’imparfait alphabet d’une langue sans lecteur  

imaginer ceci faire cela sans savoir quand ça a commencé  

la glace lumineuse suspendue sous la rivière ivre, dans la lumière l’air gélif 

de la cendre compactée dans la résine, fatigue de la lumière, les cendres n’ont que le vent

Kippur 5786

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L’alphabet des

arbres

s’estompe sous le

chant des feuilles d’Elul 

J’invente les rapports

des choses entre elles, mais

jamais les choses.

« Adonai Hu HaElohim »

Est un meme visage 

Les deux ensembles 

Chacun seul 

Le reste du visage est une suite de traits

de potentiels dissemblables

Qui saura les unir dans l’un?

Hiking Mount Washington

Total Distance: 8. 09 km

Elevation Gain: 1913 meters 

Total ascension : 1166 meters 

Hiking Time: 4 hours, 03 minutes

Difficulty: Difficult

Season: Summer

HIKE DATE: 08/01/2025

Mount Washington is the highest mountain in New Hampshire, as well as in the Northeast. This mountain is home to some of the world’s worst weather and is truly a beast to climb. 

There are several routes to the summit, and all of them are physically challenging. We started out this hike on Ammonoosuc Ravine Trail. The first 2 miles or so, was relatively flat and wet because it follows the Ammonoosuc River for the first half. Eventually we came to a beautiful waterfall and pool called the Gem Pool.

After the Gem Pool is when we really began to climb! The trail was steep and rough the rest of the way. Be prepared to climb steep section full of rock slabs and scrambles, but luckily we were rewarded shortly after this section with the Lake of the Clouds Hut. We enjoyed a snack there and then headed up to Mount Washington.

From the hut, it is about 1.5 miles up to the summit. Even if it was difficult and we were hiking along a rocky path. We just kept going because the whole time we could see the summit and we just wanted to get there.

Plis

Le courant creuse son avancée, assure les méandres de son horizon, rend le cours perpétuel, le temps à la renverse, comme les vagues adossées au lit qui se forme. L’eau creuse autant qu’elle avance au temps long des falaises. Les bords sont faits de vieilles vagues assemblées, les bords sont faits de rives franchies, d’autant de creux que de champs d’inertie.

Ainsi ta peau accélère le cours d’eau dont les limites s’évasent, se plissent, s’enfoncent en ramifications, s’étendent au-dedans de moi. Une surface toute entière, en sutures haut & bas, à laquelle je donne main au visible.

June 2025

On me demande ce que je peux bien faire, ce que je deviens, pourquoi je fournis la vitrine de ce blog avec une telle irrégularité, si quelque chose ne tourne pas rond, si par hasard je ne serais pas morte etc… Voilà bien des questions, que je trouve fort indiscrètes même quand je me les pose moi-même, ayant  disparue de mes propres radars et auxquelles je suis aussi réticente qu’incapable de répondre. Moins on en sait, et “moi” la premiere, sur mon compte, mieux je me porte.

Nos abstentions révèlent de nous un portrait plus certain que celui, en trompe l’œil ou caricatural, que s’ingénie à donner, pour la galerie, la comédie de nos faits et gestes.

Speech #1

Everyone has a favorite prayer—even those of us who don’t pray. My favorite prayer is four lines long, and it is in both the Rosh Hashanah and the Yom Kippur liturgy. It asks God for the ability to speak, to express oneself, to find words that have meanings.

We can learn a lot about a person in the very moment that language fails them. In the very moment that they have to be more creative than they would have imagined in order to communicate. It’s the very moment that they have to dig deeper than the surface to find words, and at the same time, it’s a moment when they want to communicate very badly.

Speaking calls for risk, speaking calls for a sense of what one has to lose. Not just what one has to gain.