The pacifist crowd/ La foule pacifique- Jesse Glenn Gray

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Introduction by Hannah Arendt:

“Hence, the first lesson to be learned on the battlefield was that the closer you were to the enemy, the less did you hate him «  a civilian far removed from, the battle area is really certain to be more bloodthirsty than the front-line soldier” unless , of course the soldier happens to be a killer, and only pacifists who hold abstract notions and emotions about war will mistake the one for the other.”

Extrait de la préface par  Hannah Arendt:

“Ainsi, la première leçon apprise sur le champ de bataille est que plus on se rapproche de l’ennemi, moins on le hait. En effet, “éloigné de la zone de combat, un civil sera presque certainement plus assoiffé de sang que le soldat qui se trouve au front” à moins bien sur, que le soldat soit un tueur, mais seuls les pacifiques qui sont animés par des notions et des émotions abstraites les confondront l’un  l’autre.”

 

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Progressus ad originem regressus ad futurum – Bohumil Hrabal

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To Jean-Marc Desanti.

“From now on, my boy, you’re on your own. You’re going to have to go out and see people and enjoy yourself, playacting until you give up to the ghost , because from now on it’s just one melancholy circle after another and going forward means coming back, that’s right progressus ad originem equals regressus ad futurum and your brain is nothing but a hydraulic press of compacted thought”.  Bohumil Hrabal

”À partir d’aujourd’hui, te voila seul, mon bonhomme, tu dois faire face tout seul, te forcer à voir du monde, t’amuser, te jour la comédie aussi longtemps que tu t’accroches à cette terre; à partir d’aujourd’hui ne tourbillonnent plus que des cercles mélancoliques…En allant de l’avant tu retournes en arrière, oui: progressus ad originem equals regressus ad futurum, c’est la mème chose, ton cerveau n’est rien qu’un paquet d’idées écrasées à la presse hydraulique.” Bohumil Hrabal

 

What use did I have for their nonsense and their lies?- Sadegh Hedayat

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”Several days ago she brought me a prayer book with a layer of dust on top of it . But neither the rabbles’ prayers nor any of their books, writings or thoughts was useful for me. What use did I have for their nonsense and their lies? Wasn’t I myself the result of many succeeding generations, and weren’t their hereditary sufferings inherent in me? Wasn’t the past in myself? Never have any of these the mosque, the call to prayer, the ablutions, the noisy spitting, the bowing and prostration in front of the Almighty or absolute Creator with whom one could converse only in Arabic none of these has ever had any effect on me.

Even when I was healthy and attended a mosque several times, my efforts to harmonize my thoughts and feelings with those of others were futile. My eyes scanned the glazed tiles and the intricate designs on the walls. Those designs then relieved me from the obligations of the mosque and transported me into a realm of delightful dreams. During the prayer, I closed my eyes and hid my face in the palms of my hands. In this self-created night, I uttered my prayers as if they were some irresponsible words spoken in a dream. My pronunciation of the words of the prayer was devoid of inner meaning because I preferred to speak to a friend, or an acquaintance rather than to God or to an All Powerful One. God was too much for me.”

Sadegh Hedayat in the Blind Owl.

The book here:

Click to access blindowl2013.pdf

My translation into French-George Oppen

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Je ne peux pas même aujourd’hui
Tout entier me dégager
De ces hommes
Avec qui je me tenais dans des tentes en désordre,
Dans les hôpitaux et les hangars et dans les ravines des routes fustigées
D’un pays ruiné,
Parmi eux beaucoup d’hommes
Plus capables que moi
Maykut et un sergent
Nommé Healy,
Ce lieutenant aussi-
Comment oublier tout ça ? Comment parler
Lointainement de ces «gens»
Qui sont la force
Dans les murs
des villes
Dans lesquelles leurs voitures
Raisonnent comme l’histoire
En bas des avenues murées
Dans lesquelles on ne peut parler.

 

Qu’il est beau d’être si petit ! Robert Walser

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“C’est fou toutes ces idées qui me viennent, alors que je suis encore si petit. On peut bien me traîter de bambin. (…) Je suis assez impressionné de comprendre tant de choses déjà. (…) Qu’il est beau d’être si petit ! On n’est responsable de rien du tout. À bien des égards je reste un véritable mystère à mes propres yeux. (…) Je suis étonné moi-même de mon éloquence. Je n’ai que quatre ans. Jamais je ne me serais cru si perspicace, si avisé et si clairvoyant. Je m’enchante littéralement. Ce que ça doit être agréable d’être content de moi. (…) On appelle terre je crois, ce sur quoi je suis debout. (…) Au-dessus de moi, ce ciel.” 

Robert Walser

Le livre ici :

https://ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com/attachments/original/4/9/4/002719494.pdf

 

“Cheating oneself is to renounce to everything” Andreï Tarkovski

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“The one who betrays his principles once will lose the purity of his relationship with life. Cheating oneself is to renounce to everything, to his movie, to his life.

” Celui qui trahit une seule fois ses principes perd la pureté de sa relation avec la vie. Tricher avec soi-même, c’est renoncer à tout, à son film, à sa vie.”

Andreï Tarkovski

 

Georges Perros : “Être seul, et l’accepter…”

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“C’est une erreur – plaisante à entretenir – de croire qu’on peut faire beaucoup de peine, engager la durée dans le chagrin, comme de croire qu’on peut faire beaucoup de plaisir à autrui. Il y a les sots, qui se suicident pour un bonjour négligé. Les indifférents, qui s’en moquent. Il y a surtout ce qui se passe, et ne peut se passer que dans la solitude, qui n’est rien d’autre que la crête suprême de la Pyramide homme ; dont nous sommes le dernier signe concret. Être seul, et l’accepter ; c’est assumer une harmonie indispensable et près de se rompre perpétuellement par un retrait, une défaillance durable.”