Contemplative architecture

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“There is and probably will be a need to perceive what our great cities lack above all: still, wide, extensive places for reflection; places with tall, spacious, lengthy colonnades for inclement or unduly sunny weather where no traffic noise or street cries can penetrate, and where a finer sensibility would forbid even a priest to pray aloud: buildings and places that express as a whole the sublimity of stepping aside to take thought for oneself. The time is past when the Church possessed the monopoly of reflection; when the vita contemplativa primarily had to be a vita religiosa; and yet that is the idea expressed in everything the Church has built. I do not know how we could ever content ourselves with its buildings, even stripped of their ecclesiastical function; they speak far too emotive and too constrained a language, as the houses of God and as the showplaces of intercourse with another world, for us as godless people to think our thoughts in them. We want to have ourselves translated into stones and plants; we want to have ourselves to stroll in, when we take a turn in those porticoes and gardens.” Nietzsche

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” Il serait nécessaire de comprendre un jour, et ce jour est-il proche, ce qui manque avant tout à nos grandes villes : des lieux de silence, spacieux et fort étendus, destinés à la méditation, pourvus de hautes et de longues galeries pour les intempéries ou le trop ardent soleil, où ne pénètrent nulle rumeur de voiture ni de crieur, et où une bienséance plus subtile interdirait même aux prêtres l’oraison à voix haute : des édifices et des jardins qui, dans leur ensemble, exprimeraient la sublimité de la réflexion et de la vie à l’écart! Les temps sont révolus où l’église possédait le monopole de la méditation, où la vita contemplative était toujours en premier lieu vita religiosa : et tout ce que l’église a construit dans ce genre exprime cette pensée. Je ne saurais dire comment nous pourrions bien nous satisfaire de ces édifices, même désaffectés de leur destination ecclésiale : ces édifices parlent un langage beaucoup trop pathétique et contraint en tant que maison de Dieu et en tant que lieu somptueux d’un commerce avec l’au-delà, pour que nous autres sans-Dieu puissions y penser nos propres pensée. Notre désir serait de nous voir nous-mêmes traduits dans la pierre et dans la plante, de nous promener au-dedans de nous-mêmes, lorsque nous irions de-ci, de-là, dans ces galeries et dans ces jardins” Nietzsche.

Digital era

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I recently saw Rafael Lozano-hemmer exhibition, untitled “unstable presence ” and I suddenly realized that the robots finally took power.

The Unfinished machines are the messengers of the future. For the punishment that we don’t speak to each other anymore, the rude and foul machines took possession of our desensitization.

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But thanks to the robots trees became artificial ornementation for our thirst of virtual pornography.

Seasons shall be no more and violence of barren homes everywhere.

Empty Monasteries became their fitness rooms. And until exhaustion we will have to answer the robots idiotic and targeted questions. Digging our path to dematerialization. My glasses shall I need no more.

 

 

The AI’s anthropocentric machines make the puppeteer’s useful idiot smile before our unveiled bodies.

The corporeal communication will be confused with digital communication. Who needs carnality when we have Netflix ?

We will have to breathe recycled oxygen. Who needs fresh air when we have nanotechnology ? .

 

Robots now have our voice, the voice of a human being. Tomorrow, as a precaution, they will speak a language that will be untranslatable to us. Who needs a language when the world have lost its boundaries ?

Economists will be the new prophets for the robot messianic era. Algorithms, numbers and informational relations shall be the only religion.  Who needs insurrection, when we have abstraction ?

 

 

La maison de ma mère – Leah Goldberg

(À tes grands parents )

Morte la mère de ma mère

Au printemps de ses jours

Et sa fille

Ne gardait pas souvenir de son visage

Son portrait

Gravée au cœur de mon grand père

A disparu du monde des images après sa mort…

Seul son miroir est resté dans la maison

À gagné en profondeur

Avec les années

Dans son cadre d’argent…

Et moi

Sa pâle petite fille

Qui ne lui ressemble pas

J’y plonge aujourd’hui mon regard

Comme dans un lac

Cachant des trésors sous l’eau…

Très loin derrière mon visage

Je vois une jeune femme

Aux joues roses

Souriante portant perruque…

Elle met une longue boucle d’oreille

L’enfilant par un trou minuscule

Dans la chaire délicate…

Très loin derrière mon visage

Étincelle l’or brillant de ses yeux

Et le miroir perpétue la tradition familiale :

Elle était très belle….

Cry

“Call and Answer” by Robert Bly

I say to myself: “Go on, cry. What’s the sense

Of being an adult and having no voice? Cry out!

See who will answer! This is Call and Answer!”

We will have to call especially loud to reach

Our angels, who are hard of hearing; they are hiding

In the jugs of silence filled during our wars.

Have we agreed to so many wars that we can’t

Escape from silence? If we don’t lift our voices, we allow

Others (who are ourselves) to rob the house.

How come we’ve listened to the great criers—Neruda,

Akhmatova, Thoreau, Frederick Douglass—and now

We’re silent as sparrows in the little bushes?

Some masters say our life lasts only seven days.

Where are we in the week? Is it Thursday yet?

Hurry, cry now! Soon Sunday night will come.

La petite lumière

« c’est comme ça que les ruisseaux, les torrents, les fleuves se forment… je me disais avec émotion. Des masses d’eau qui gonflent petit à petit et attirent et puis englobent avec la force croissante de leur avancée d’autres masses d’eau plus petites qui descendent le long de la montagne abrupte, alors que d’autres se perdent, ça et là, sans avoir eu la force de se transformer en ruisseaux, en torrents, en fleuves. Des ruisselets identiques en apparence, qui se sont formés comme ça, en quelque endroit inconnu et hors du monde, là où personne ne peut les voir, et qui sortent ensuite lorsqu’ils sont déjà gros, impétueux, creusant leur lit dans les gorges des montagnes, dans les vallées et puis dans les grandes plaines, et personne ne peut plus les arrêter… »

Antonio Moresco, La petite lumière, p 57.

 

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Sourires d’Edelweiss

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Chaque matin du haut de cette tour je me demande si il y a encore une place pour le Rossignolet du bois ?

Semblant de linéarité, effort de transparence, l’avenir des surfaces vierges, forets des expansions, havre de paix parmi nos amis robots, nos frères, auxquels nous apprendrons  à se marier bientôt. Notre plasticité a des sourires d’edelweiss.

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Every morning from the top of this tower I wonder if there is a place left for the Rossignolet du bois?

Apparence of linearity, effort of transparency, the future of virgin surfaces, forests of expansions, haven of peace among robots, our brothers, whom we will learn to marry soon. Our plasticity has smiles of edelweiss.