Sourires d’Edelweiss

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Chaque matin du haut de cette tour je me demande si il y a encore une place pour le Rossignolet du bois ?

Semblant de linéarité, effort de transparence, l’avenir des surfaces vierges, forets des expansions, havre de paix parmi nos amis robots, nos frères, auxquels nous apprendrons  à se marier bientôt. Notre plasticité a des sourires d’edelweiss.

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Every morning from the top of this tower I wonder if there is a place left for the Rossignolet du bois?

Apparence of linearity, effort of transparency, the future of virgin surfaces, forests of expansions, haven of peace among robots, our brothers, whom we will learn to marry soon. Our plasticity has smiles of edelweiss.

Cheap imitation

« Avez-vous remarqué que dans ce siècle tout est devenu plus vrai, plus véritablement soi-même? Le soldat est devenu un tueur professionnel; la politique, du banditisme; le capital, une usine à détruire équipée de fours crématoires; la loi, la règle d’un jeu de dupes ; l’antisémitisme, Auschwitz; le sentiment national, le génocide. Notre époque est celle de la vérité, c’est indubitable. Et bien que par habitude on continue à mentir, tout le monde y voit clair; si l’on s’écrie : amour, alors tous savent que l’heure du crime a sonné, et si c’est : loi, c’est celle du vol, du pillage. (…) N’oublions pas qu’Auschwitz n’a pas été liquidé pour avoir été Auschwitz, mais parce que la fortune des armes a tourné ; et depuis Auschwitz, il ne s’est rien passé que nous aurions pu vivre comme la réfutation d’Auschwitz. En revanche, nous avons connu des empires fondés sur des idéologies qui se sont avérées dans la pratique n’être que de simples jeux de mots et c’est justement leur nature de jeu de mots qui les rendaient si utilisables, c’est-à-dire en faisait des instruments de terreur efficaces ». Imre Kertész, Un autre, (1997) pp. 84-85

Everything can be forgiven

The dream moves the world. The rooms no longer correspond to reality, the rooms became corridors, corridors on corridors, in silence. So many voices in my head but a single sovereign one brings back the order. Your voice.

Langage no longer makes sense, pronouncing your name but no one hears. My voice is forever silent for the fear of waking the dead. That’s why I know that everything can be forgiven, and it would be strange not to forgive.

Odeliah

 

Between flesh and spirit

“We ask everything of love. We ask it to be anarchic. We ask it to be the glue that holds the family together, that allows society to be orderly and allows all kinds of material processes to be transmitted from one generation to another. But I think that the connection between love and sex is very mysterious. Part of the modern ideology of love is to assume that love and sex always go together. They can, I suppose, but I think rather to the detriment of either one or the other. And probably the greatest problem for human beings is that they just don’t. And why do people want to be in love? That’s really interesting. Partly, they want to be in love the way you want to go on a roller coaster again — even knowing you’re going to have your heart broken. What fascinates me about love is what it has to do with all the cultural expectations and the values that have been put into it. I’ve always been amazed by the people who say, “I fell in love, I was madly, passionately in love, and I had this affair.” And then a lot of stuff is described and you ask, “How long did it last?” And the person will say, “A week, I just couldn’t stand him or her.”

Susan Sontag

La condition de l’humanité

Il est possible que la passivité où plonge la honte individuelle, ou la faiblesse à laquelle voue l’humiliation sociale, ou la vulnérabilité qui creuse d’heure en heure la contemplation solitaire, explorent plus la condition de l’humanité que l’orgueil d’appartenance, les rapports de force à l’intérieur du groupe, le fonctionnement haineux, belliqueux, attroupant, excité, qui le réconforte.    

Pascal Quignard, Les désarçonnés, Grasset, p 312

zhom

Stabilité hors ciel hors sol

Telescope Celestron CGX-L 1400 Edge HD

« Stabilité. Je ne veux pas me développer dans un sens défini, je veux changer de place, c’est bien, en vérité, ce fameux « vouloir-aller-sur-une-autre-planète », il me suffirait d’être placé juste à côté de moi, il me suffirait de pouvoir concevoir comme une autre la place qui est la mienne. » Kafka, Journal, 24 janvier 1922

Bavardage universel / Universal Talk

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« La phrase du récit et la phrase de la vie quotidienne ont toutes deux pour rôle un paradoxe. Parler sans mots, se faire entendre sans rien dire, réduire la lourdeur des choses à l’agilité des signes, la matérialité des signes au mouvement de leur signification, c’est cet idéal d’une communication pure qu’il y a au fond du bavardage universel, de cette manière de parler si prodigieuse où, les gens parlent sans savoir ce qu’ils disent et comprenant ce qu’ils n’écoutent pas, les mots, dans leur emploi anonyme, ne sont plus que des fantômes, des absences de mots et font régner, par cela même, au milieu du bruit le plus étourdissant, un silence qui est vraisemblablement le seul dans lequel l’homme puisse reposer, tant qu’il vit ».  Maurice Blanchot, La part du feu