Internal fascism

«”Uranus” by Claude Berri is not just a historical drama about the end of WWII in France, but a film about … internal fascism. It is analysis of silent participation in fascism by everyday people who never occupied any official position in collaborationist phenomenon. Actuality of this film for American life today is staggering». K.B

ça pousse en moi l’oubli de toi

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Qu’est-ce que ça veut dire, “penser à quelqu’ un”? ça veut dire : L’oublier (sans oubli, la vie ne serait pas possible) et se réveiller souvent de cet oubli. Par association d’idées, beaucoup de choses te ramènent à mon discours. “penser à toi” ne veut rien dire d’autre que cette métonymie. Car, en soi, cette pensée est vide : je ne te pense pas ; je te fais simplement revenir à L’Esprit (à mesure que ça pousse en moi l’oubli de toi). C’est la forme (le rythme) que j’appelle “pensée”: je n’ai rien à te dire, mais ce rien c’est à toi que je le dis.

Sigmund Freud, lettres à  Martha.

Se faire comprendre est impossible

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«Se faire comprendre est impossible, ça n’existe pas. La solitude, l’isolement deviennent un isolement encore plus grand, une solitude encore plus grande. On finit par changer de cadre à intervalles toujours plus rapprochés. On croit que des villes toujours plus grandes, la petite ville ne vous suffit plus, Vienne ne suffit plus, Londres même ne suffit plus. Il faut aller sur un autre continent, on essaie de pénétrer ici et là, les langues étrangères –Bruxelles peut-être? Rome peut-être? Et là on va partout et on est toujours seul avec soi-même et avec son travail toujours plus abominable. On revient à la campagne, on se retire dans une ferme, on verrouille les portes, comme moi – et c’est souvent pendant des jours – on reste enfermé et de l’autre côté la seule joie et le plaisir toujours plus grand est alors le travail. Ce sont les phrases, les mots que l’on construit. En fait, c’est comme un jouet, on met les cubes les uns sur les autres, c’est un processus musical. Quand on a atteint une certaine hauteur, au quatrième, cinquième étage – on arrive à construire cela – on voit la réalité de l’ensemble et on démolit tout comme un enfant. Mais alors qu’on croit qu’on en est débarrassé, il y a déjà une autre de ces tumeurs, que l’on reconnaît comme un nouveau travail, un nouveau livre, qui vous pousse quelque part sur le corps et qui ne cesse de grossir. En fait un de ces livres n’est rien d’autre qu’une tumeur maligne, une tumeur cancéreuse ? On opère pour enlever et on sait naturellement très bien que les métastases ont déjà infesté le corps tout entier et qu’il n’y a plus de salut. Et cela devient naturellement toujours pire et toujours plus fort, et il n’y a aucun salut ni aucun retour en arrière.» T. Bernhard.

 

Notre époque est celle de la vérité

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« Avez-vous remarqué que dans ce siècle tout est devenu plus vrai, plus véritablement soi-même? Le soldat est devenu un tueur professionnel; la politique, du banditisme; le capital, une usine à détruire équipée de fours crématoires; la loi, la règle d’un jeu de dupes ; l’antisémitisme, Auschwitz; le sentiment national, le génocide. Notre époque est celle de la vérité, c’est indubitable. Et bien que par habitude on continue à mentir, tout le monde y voit clair; si l’on s’écrie : amour, alors tous savent que l’heure du crime a sonné, et si c’est : loi, c’est celle du vol, du pillage. (…) N’oublions pas qu’Auschwitz n’a pas été liquidé pour avoir été Auschwitz, mais parce que la fortune des armes a tourné ; et depuis Auschwitz, il ne s’est rien passé que nous aurions pu vivre comme la réfutation d’Auschwitz. En revanche, nous avons connu des empires fondés sur des idéologies qui se sont avérées dans la pratique n’être que de simples jeux de mots et c’est justement leur nature de jeu de mots qui les rendaient si utilisables, c’est-à-dire en faisait des instruments de terreur efficaces ». Imre Kertész

For the sake of argument

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“Ultimately, our questions must emerge not from mental categories, but from deep within the heart. They must rise to the surface of our beings as we sit in silence, so that they are not just the old questions which we raise whenever we have nothing else to talk about or just for the sake of argument. They need to be the questions which make a difference in our lives.” Zalman Schachter-Shalomi.

One might wave to himself

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«Urban art, art of the cities, art of the young in the cities—The isolated man is dead, his world around him exhausted
And he fails! He fails, that meditative man! And indeed they cannot ‘bear’ it.
It is that light
Seeps anywhere, a light for the times
In which the buildings
Stand on low ground, their pediments
Just above the harbor
Absolutely immobile,
Hollow, available, you could enter any building,
You could look from any window
One might wave to himself
From the top of the Empire State Building
Speak
If you can
Speak»
G. Oppen

Write it with your feet

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«by writing a letter of love, you can’t write it with your head, but with the whole body, with all your soul. You can also write it with whatever you want. Dialogue with your love while you’re writing like he’s next to you. You can also write it with your feet, if you write a love letter with your feet, how beautiful it will be». Kazuo Ohno

Where is your heart?

The problem of today’s society is that we no longer put the heart in relationships but ideas. What a discount! Be able to replace the love with the idea of good, love with the idea of love. It’s so easy! Just say you’re for immigration, for animals, for homosexuals and it’s done! In five seconds you’ve become San Francesco, what does it matter if no one loves you, if your heart dry, if you spend time judging and condemning your fellowman to defend categories, ideas, civil reasoning? The illusion is so dear, so easy, no effort. It’s all wonderful.

No, man doesn’t love that easily. Man learns to love from love, which is a feeling, a presence, a reality and never will be an idea. Never.