Avoir enfin quelque chose à dire

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«On fait parfois comme si les gens ne pouvaient pas s’exprimer. Mais, en fait, ils n’arrêtent pas de s’exprimer.
Les couples maudits sont ceux où la femme ne peut pas être distraite ou fatiguée sans que l’homme dise « Qu’est-ce que tu as ? exprime-toi… », et l’homme sans que la femme…, etc. La radio, la télévision ont fait déborder le couple, l’ont essaimé partout, et nous sommes transpercés de paroles inutiles, de quantités démentes de paroles et d’images. La bêtise n’est jamais muette ni aveugle. Si bien que le problème n’est plus de faire que les gens s’expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n’empêchent pas les gens de s’exprimer, elles les forcent au contraire à s’exprimer. Douceur de n’avoir rien à dire, droit ne n’avoir rien à dire, puisque c’est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d’être dit». Deleuze

Far away from the market-place

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«Slow is the experience of all deep fountains: long have they to wait until they know what has fallen into their depths. Far away from the market-place and from fame happens all that is great: far away from the market-place and from fame have always dwelt the creators of new values». Zarathustra

War is peace

«How senseless is everything that can ever be written, done, or thought, when such things are possible. It must be all lies and of no account when the culture of a thousand years could not prevent this stream of blood being poured out, these torture-chambers in their hundreds of thousands. A hospital alone shows what war is. »Erich Maria

Imposture ordinaire

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“Il est intéressant d’observer la pathologie dans ce qui passe habituellement pour normal. Le monde est rempli de personnalités “comme si” et plus encore d’imposteurs et de simulateurs. depuis que je m’intéresse à l’imposteur, il me poursuit partout. je le trouve parmi mes mais et mes relations aussi bien qu’en moi-même.” Roland Gori.

“L’unification heureuse de la société par la consommation, la division réelle est seulement suspendue jusqu’au prochain non accomplissement dans le consommable.” Guy Debord

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Digestion des images

“L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout. “neo-transcendance-norman-bel-geddes-futurama-foire-mondiale-de-new-york-1939

Confiscation du temps

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L’homme n’est plus rien que ce qu’il produit :

“Il ne faut pas dire qu’une heure de travail d’un homme vaut une heure d’un autre homme, mais plutôt qu’un homme d’une heure vaut un autre homme d’une heure. Le temps est tout, l’homme n’est plus rien; il est tout au plus la carcasse du temps. Il n’est plus question de la qualité. La quantité seule décide de tout. Heure par heure, journée par journée.” Karl Marx.


 

“We should not say that one man’s hour is worth another man’s hour, but rather that one man during an hour is worth just as much as another man during an hour. Time is everything, man is nothing: he is at the most time’s carcass.” Karl Marx.

Tous clown

«Maintenant que la transgression règne souveraine, que l’ordre semble se fonder sur un chaos programmé et continu, que reste t’il de l’ancien esprit subversif ? Presque rien. Si la société est liquide, ou ressemble à un nuage gazeux, comme la représentent les sociologues et les économistes, le carnaval n’a plus de raison d’exister. Il n’y a plus d’ordre à confirmer ou à restaurer depuis que nous vivons plongés dans un désordre continu, flottant et insaisissable.»

Doppiozero Archive | Marco Belpoliti

Le carnaval et son esprit subversif (raconté par cocchiara giuseppe) est aujourd’hui un fait commun et quotidien.. tout est contaminé y compris la langue..les gros mots font partie du vocabulaire de tout le monde par example.. la haute culture ne se distingue plus de la basse culture. La question qui se pose spontanément: s’il n’y a plus de différence entre ordre et désordre, sur quoi la société peut être basée? Si la transgression est continue, que signifie aujourd’hui transgresser? Jean Starobinski avait prédit la mutation en cours au début des années soixante-dix. Après avoir analysé comment le clown était devenu le sujet de prédilection des peintres, musiciens et metteurs en scène par la suite la diminution de sa présence sur la scène artistique. Le clown, a-t-il conclu, est descendu dans les rues, il est en chacun de nous: “Il n’y a plus de limites, il n’y a plus d’infraction. La moquerie est partout”.

Startup stupidity/Habit forming technology

 

“Ignorance is the mother of industry as well as of superstition. Reflection and fancy are subject to err; but a habit of moving the hand or the foot is independent of either. Manufactures, accordingly, prosper most where the mind is least consulted, and where the workshop may … be considered as an engine, the parts of which are men. As a matter of fact, some few manufacturers in the middle of the 18th century preferred, for certain operations that were trade secrets, to employ half-idiotic persons.” Karl Marx

Une trappe dans le plafond

« De tout temps le bruit court ou encore mieux l’idée a cours qu’il existe une issue. Ceux qui n’y croient plus ne sont pas à l’abri d’y croire de nouveau conformément à la notion qui veut tant qu’elle dure qu’ici tout se meure mais d’une mort si graduelle et pour tout dire si fluctuante qu’elle échapperait même à un visiteur. Sur la nature de l’issue et sur son emplacement deux avis principaux divisent sans les opposer tous ceux restés fidèles à cette vieille croyance. Pour les uns il ne peut s’agir que d’un passage dérobé prenant naissance dans un des tunnels et menant comme dit le poète aux asiles de la nature. Les autres rêvent d’une trappe dissimulée au centre du plafond donnant accès à une cheminée au bout de laquelle brilleraient encore le soleil et les autres étoiles. Les revirements sont fréquents dans les deux sens si bien qu’un tel qui à un moment donné ne jurait que par le tunnel peut très bien dans le moment qui suit ne jurer que par la trappe et un moment plus tard se donner tort de nouveau. Ceci dit on n’en est pas moins certain que de ces deux partis le premier se dégarnit au profit du second. Mais de façon si lente et si peu suivie et bien entendu avec si peu de répercussion sur le comportement des uns et des autres que pour s’en apercevoir il faut être dans le secret des dieux. » Samuel Beckett