Interchanger les concepts

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“En général, je ne pense pas à la mort, mais la mort pense constamment à moi. «Quand est-ce que je le ramènerai à la maison ? » Bien sûr, c’est une autre perspective. Mais je déteste tellement rentrer à la maison. « Rentrer à la maison» signifie mourir, et donc être mort.
« Être à la maison, c’est être mort », disait Pascal il y a longtemps. « Quand on est à la maison, on est mort. » Le repos éternel, l’éternité de la présence à la maison, c’est la mort.

C’est pourquoi je déteste tellement rentrer à la maison. Parce que j’ai le sentiment que lorsque je rentrerai, il sera déjà là, debout, avec sa main noire, et que je passerai la porte d’entrée – j’imagine toujours, chaque fois que je passe la porte d’entrée de ma maison, cette main qui ressemble à Curd Jürgens – Curd Jürgens est un acteur ; Vous savez qui il est : la mort à Salzbourg avec ces doigts de squelette – et j’entre et puis « Cr-rraa-ck ! » Je ressens cette pression constante ici. À cause de cela, j’ai aussi, si vous regardez bien, une épaule creuse ici, à cause de cette pression de la mort. On ne peut pas me l’enlever, ni l’opérer non plus, au fond; c’est ma peur, qui se trouve sur mon épaule droite comme un – (rires) eh bien, le petit oiseau de la mort, qui s’est perché là de façon permanente. Bien sûr, tout cela peut aussi être pris très au sérieux, comme je prévoyais de le faire. Si au lieu de dire « petit oiseau de la mort » – si au lieu de dire que c’est juste « la mort ». De maigres concepts qu’on peut réduire en un seul mot à une tasse de café, bien que, encore une fois, ce ne soit pas sérieux, n’est-ce pas ? Parce que
si l’on peut comparer la mort à une tasse de café, ce n’est pas non plus tout à fait sérieux, n’est-ce pas ? Bien que l’on puisse naturellement comparer tout à tout … Littéralement.
Ingeborg Bachmann a été très surprise par cela, car une fois je lui ai dit – elle était assise sur son lit, et j’étais assise à côté d’elle – et je lui ai dit que l’on peut décrire _tout comme étant littéralement semblable à tout , et que tout est aussi simultané à tout. Et c’est naturellement très agaçant. Comment peut-on couvrir le pape – nous étions en train de parler de la question de la responsabilité du pape dans …Rome—Comment couvrir le pape d’une tasse de café ou d’une tasse de thé, alors que c’est la même chose ? Mais on peut bien sûr changer de termes. Ainsi, je pourrais imaginer une tasse de café sur le trône papal à Saint-Pierre et le pape sur la table basse, n’est-ce pas ? De telle sorte qu’on pourrait boire dans le pape et obtenir une audience avec la tasse de café. On peut sans plus attendre échanger les deux si on le souhaite. Si on a la locomotive de sérieux requise.” Thomas Bernhard

THE MAP AS ART

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I have a longstanding obsession with maps. 

If every map is a story, most of them are mysteries that invite you to solve them while remaining forever unsolved, in that they indicate more — more past, more future, more adventures, more travels. They have an openness, indicating more than they depict.

Each of us is an atlas of sorts, already knowing how to navigate some portion of the world, containing innumerable versions of place as experience and desire and fear, as route and landmark and memory.

Each of us grasps and inhabits only part of the pattern.

Sailing to 2025

May the coming year be as pleasant as this touch when you walk barefoot on the sand of the sea in the peak of summer and the hot heat burns your feet and then you arrive at the place where the sand meets the sea and that moment when the cool water meets your feet, that’s how the year will be.

Amen 

L’imposteur

Picture Credit to : Daniloski

L’iconoclaste audacieux osa libérer les fantômes. Nous les attendions.

Il leur avait retiré le visage, à lui-même ce fut son corps.

L’imposteur contrarié par son visage qu’il considérait n’être pas le sien.

À force d’être sincère, authentique, bref lui-même, son visage a pris une drôle de tournure qui donnait envie de détaler.

Le miroir l’habitue, calée son histoire supporte son silence et son anonymat.

Depuis qu’il ne voit plus, ses gestes sont plus amples, excessifs, de plus en plus amples face au silence de tout le monde disparu.

Sourd et aveugle, c’est le meilleur orateur.

A deux doigts de soupçonner qu’il croit à ce qu’il dit, qu’il fait ce qu’il nous dit de croire, à deux doigts de lui donner tes bras ballants.

Avec le soin d’un barbare, longtemps il a cherché une réglementation morale pour encadrer les danses. Un pas de danse qui agrandit les mailles ou des personnes ivres de reflets et les couleurs qui baillent.

Dans le miroir il voit son double, mais il n’y est pas. La tristesse l’y enfonce, il reste coi d’un monologue sans soi avec la foule des quidams.

Non il n’y a plus rien au fond de la bouteille. Au milieu de sa logorrhée tous les mots s’éparpillent et la redoublent.

Discussion interminable où aucun mot n’est à sa place, et un corps étranger qui encombre désormais toute la place.

Après abrutissement total il attend avec extrême agitation le repos. Ayant épuisé le croyable il attend l’incroyable.

Il s’est converti tout seul.

Il ne pouvait y mettre fin par peur de ne plus pouvoir recommencer autre chose. Entre-temps il aurait fallu que tout ait changé selon la providence.

Derniers tests de la voix, suite de vibrations qui modèlent le réel et les mots qui tout de suite déraillent. Par habitude il continue à mentir, tout le monde y voit clair; si il s’écrie : amour, alors tous savent que l’heure du crime a sonné.

L’imitateur / copycat

Il ne vieillit pas, il est son propre masque, seuls ses yeux sont mouvants mais enfermés derrière. Sa base s’est fendue, il disperse les débris un pied ici un pied là. Il arrive le vent, les bourrasques, qu’il regarde du coin de l’œil. Les cendres l’asphyxient.

Il ne se voit pas, dans la lune, les miroirs ne le regardent pas. Il n’entre pas dans son visage, sans pour autant être fantôme, personne ne le remarque. Le rêve s’évade de l’image dans le miroir, bien y caler sa tête, y considérer son âge, assuré de le précéder, d’être inaltérable, à soi-même son propre sujet.

À y toquer, l’image mentale du visage ne coïncide pas avec celle au miroir, où sont les apparences ? Dût-il s’y arrêter entre deux portes c’est une tête d’un autre qu’il imite. L’image est sans dimension et le cadre du miroir est flou, tout comme l’ombre incommensurable du réel qui le borde. L’image est le miroir qui réjouit ou repousse, aux dés jetés le dos tourné.

The sacred wheel

“Every time a person does something dishonest, he is in effect tossing a boomerang. How far out it will travel, no one knows. How great or how small a circle it will traverse, only time will tell. But it will, eventually it must, finally come swift and unseen around behind that person and deliver its never-failing and painful blow to the back of his neck.”