Il existe, dans la vraie vie, un fil sans bout ni d’un côté ni de l’autre, qui rend la vie pratique si épuisante qu’à chercher à la comprendre, se découvrent en elle les traits d’un witz incongru. Le récit de soi classe par séquences des événements, les assemble autour d’un temps non-fixe dont l’axe change tout le temps, selon la succession de points d’assemblage impossibles à tordre, impossibles à maintenir, des points souples d’ancrage fixés n’importe où. Rapprocher les événements, bout à bout, sans tenir compte des temps morts uniformes et sans histoire, qui avec le sommeil forment l’essentiel du temps, donnent à la vie son caractère illusoire et pathétique, réplique de répliques. Reste à rejoindre le sommeil comme refuge protecteur d’une quête sans héros pour quelques miettes précieuses. Malgré la complexité de la métamorphose et de la reproduction, la durée de vie totale du morphe bleu n’est que d’environ 3 mois.
Yom Kippur is the day when we get real. Yom Kippur is not a day to pretend to be holier than we really are. We are merely being honest with ourselves and how holy we really are. We dress in white, refrain from our bodily needs and stay all day in shul not as an act but as an expression of truth. Yom Kippur is the reality check that reminds us if we have forgotten our true selves the rest of the year.
I became aware that I need to learn how to enjoy the process of waiting. I am an impatient person by nature and feel restless until I obtain my goals.
While people commonly say that we need to take time to “smell the roses”, smell kippur apples , how many of us really do this on a consistent basis? How many of us can truly enjoy the journey before we have reached the destination?
Un mot de Simone Weil m’accompagne : « D’une manière générale ne souhaiter la disparition d’aucune de ses misères, mais la Grâce qui les transfigure. »
Earth has no sorrows that earth cannot heal, or heaven cannot heal, for the earth as seen in the clean wilds of the mountains is about as divine as anything the heart of man can conceive. I do not think a day passes in my life in which I fail to look with fresh amazement at the miracle of nature. It is there on every side. It can be simply a shadow on a mountainside, or a sunlight on the leaves of a tree. I have always especially loved the water.
I think that one may contribute (ever so slightly) to the beauty of things by making one’s own life and environment beautiful, so far as one’s power reaches. This includes moral beauty, one of the qualities of humanity, though it seems not to appear elsewhere in the universe. But I would have each person realize that his contribution is not important, its success not really a matter for exultation nor its failure for mourning; the beauty of things is sufficient without him.
And every year has its Rosh Hashana, that peculiarly Jewish day in which there are no parties and abandonment of restraint; in which there is no hilarious laughter and noise that is a frantic and frenetic attempt to convince all (and oneself) that he is happy; there is no frantic clutching at pleasure before it escapes and – worse – before I pass on; too soon, too soon. There is Rosh Hashana, the time post. Another year gone by – already? So soon! – and it is a time to see what the gray hairs and the added wrinkles and the slower reflexes have taught us. Rosh Hashana is one step closer to the gateway out of this world and into the next one. It is a time to rehearse the speech that we will make – all of us – some day, before the Supremest of courts, as we attempt to explain the meaning of our lives below.
Life is too short for fools. It is too long for those who know it was not given for happiness (if that comes, how wonderful, but how often does it appear, only in insignificant measures and at rare times, as drops of rain that fall on a parched desert leaving no impact, changing nothing so that the traveler never knows it fell). Life was given for holiness and sanctity, so that we might rise ourselves; so that we might consecrate and hallow that animalism within us that threatens at every moment to escape and express itself in selfishness, ego and greed – sins that are themselves only the corridors to the crimes of cruelty and hurting others. Life is not a happy thing – it is a beautiful thing, and when one becomes the artist and artisan of that beauty that is called holiness, when one practices the supreme holiness that comes of loving and giving of oneself.
Be good. Love. Love selflessly; cease speaking evil, cease thinking evil; cease searching out evil in your fellow human beings. Cease seeking to grow at the expense of others. For one who climbs on top of the man he has just chopped down is not taller. He is the same dwarf standing on his victim’s height. Be wary lest you hurt the one you love. Think before you act towards the other person. Be good as a person, as an individual, and your part of the world has become holy. Then, if others emulate you, the world will suddenly and automatically turn beautiful and hallowed. It is Elul. Think of your beloved – all the people of the earth – and think of your particular beloved. Give of yourself and you will receive that which no amount of grasping and scheming can ever bring you: self-respect. Love the other and you will learn to like yourself. Be holy, for the One who made you is Holy and for this He placed you on this earth.
It is another Rosh Hashana yet another one. How many more are left?
Pour être dans le vent, on peut affecter un dégoût pathologique de la vie: la vraie douleur ne s’exhibe jamais… Gémissant de douleur, la surmontant parfois sans jamais l’afficher pour sacrifier le monde.
Choisissons comme signe de ralliement un dolorisme surmonté..rendre son billet aux idoles pour aller à la recherche de l’homme dans l’homme et de la parole nouvelle inédite à venir... Soulever l’étendard de l’honneur et d’ici à demain, l’exception peut devenir la règle car ce qui compte avant tout ce n’est pas le moyen de décrire en beauté les exploits mais juste dire la vérité à l’état pure. Ne jamais se dire : “un soldat ne peut tenir lieu d’une armée” ..tout homme qui aspire sincèrement à la vérité est déjà terriblement fort. Ne jamais imiter ces phraseurs qui s’en vont répétant à qui veut bien les entendre: “Impossible de faire quoique ce soit, on nous lie les mains, on nous accule au désespoir et à la déception”…ces phraseurs, ces héros de mélodrames sont tous des oisifs infatués de leur propre personne. Celui qui veut se rendre utile pourra même si réellement il a les mains liées…comme seul l’effet de la musique peut être comparable j’ai compris que la donnée n’est pas toute la réalité, cette dernière en recèle une part immense sous forme d’une parole inédite à venir.
Sophocle fait dire à Œdipe, aveugle et agonisant : «Maintenant que je ne suis plus rien, je sais que je suis un homme ». Comme métaphore du vide qui tel un miroir permettrait à l’homme de saisir sa vacuité. 40 ans d’errance dans le désert pour les hébreux, a été le lieu de cette expérience et ca n’a rien à avoir avec le mythe du désert de Lacan car le vide n’habite pas « l’être » c’est « l’être qui habite le vide »…Qu’avons-nous retenu de cette expérience ? L’homme qui pense est un nain ; l’homme qui rêve est un géant , écrivait Hölderlin, L’engagement de l’homme dans l’histoire est de « se décider pour une cause imparfaite » Cette conscience de l’imperfection de la cause inquiète et engendre une critique perpétuelle, un engagement et une critique qui proviendrait de la fidélité et uniquement de la fidélité. Se décider pour une cause imparfaite ne se contente pas d’emettre une opinion, l’intérêt ne relève pas de la raison mais de ce que Platon appelle le Thumos (la partie ardente de l’âme). Car toute férocité idéologique est fascisme, et procède de la mégalomanie. C’est la prétention de l’homme qui fait basculer vers la violence…« Tous les hommes sont inhumains d’amour propre » disait La Rochefoucauld. L’humanité c’est-à-dire généralité de l’idée du semblable est au prix de cette ironie. Quand à la modestie des temps modernes elle ne vaut guère mieux, elle a pris des formes de désaccentuation de la politique civique des existences au profit des échanges économiques et de la vie privée. Jeté dans un monde plein de contradiction chacun de nous se sent obligé de se mettre à l’écart, ce n’est pas de l’égoïsme mais simplement le besoin de construire une vie pleine de sens dans sa sphère privée. Mais chacun de nous est entrainé dans l’histoire qu’il le veuille ou non, alors il faut choisir, subir ou agir ou encore stupidement tenter d’y échapper. Admettre l’imperfection des causes dans lesquelles nous nous engageons, est la seule façon de donner raison à nos adversaires, comme Albert Camus écrit dans « combat- démocratie et modestie » : Camus avait cette conscience de l’imperfection au sortir de la guerre, même si après toutes les guerres de religions antérieures, cette conscience fut pour Montaigne et pour l’Europe une école de modestie, mais cette 2ème guerre mondiale était parfaite dans le sens ou Hitler avançait en hurlant à visage découvert. En 1945, Camus écrit encore: « il faut donner congés à la haine »… « Il s’agit de refaire notre mentalité politique » …« le temps de l’apocalypse n’est plus » …Mais qui a réellement écouté Camus ? La guerre n’est pas la politique mais son interruption indispensable et rien n’est plus dévastateur que la poursuite de la justice absolue. L’engagement Européen aujourd’hui par exemple, on ne le trouve malheureusement pas chez Camus, mais chez Sartres qui veut perpétuer l’apocalypse en faisant de la résistance le modèle de la démocratie et de la lutte des classes…le modèle des patriotes. Sartres et Camus sont d’ailleurs antagonistes sur la question de la place qu’il faut accorder à la haine. « On ne vit pas que de luttes et de haines, on ne meurt pas toujours les armes à la main, il y a l’histoire et il y a autre chose, le simple bonheur, la passion des êtres, la beauté naturelle..»…. et Sartres s’empresse de répondre à Camus : « toute valeur qu’un opprimé a à ses propres yeux il la porte dans la haine qu’il voue à d’autres hommes, et toute son amitié à ses camarades par la haine qu’il porte à ses ennemis »….et à cela René char après la lecture de l’homme révolté dit « je préfère être Marc Aurel que Sillas, Camus que Robespierre.
Chaque jour sur le chantier les matériaux de construction s’accumulent, les volumes augmentent. Le plan n’existe pas. Cependant tous les corps de métier s’emploient à adapter et emboiter les éléments déchargés des camions, la moitié des livraisons est composée de pièces sans usage ou alors défectueuses ou incomplètes. L’autre moitié est unijambiste, les récépissés de commande sont introuvables, tout autour la friche triomphe dans les gravats, des jardins bordés par les pierres des murs d’une maison en ruine marquent la frontière. le terrain manque d’appui. Les ouvriers dorment, les techniciens ne sortent plus des réunions. Pendant la taille des pierres, se répéter ce qu’on dit pour conjurer le sort. Ce caillou est descendu intacte des sommets. La caresse de la rivière en fait son sable. Les nuages traversent la montagne.
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